mar. 19 mai 2020 11:37
Alors que la campagne se terminait après d'intenses semaines, Santino voulait aborder la question de la gouvernance et des possibles alliés.
Santino : Mes chers amis, mes camarades,
Bientôt sur notre nation solaire, va se clore une campagne électorale bien singulière. Nous avons vu peu de résistance face à l'argumentaire vakéministe qui est devenu hégémonique me semble-t-il. La diffusion des savoirs sur la production économique, sur le déterminisme, sur les questions sociétales et écologiques, diplomatiques ont toutes été portées par le Front Révolutionnaire et je suis fier de pouvoir dire que nous avons été la locomotive du débat démocratique. Maintenant revenons un peu sur l'actualité. On a pu voir un réveil des sociaux-libéraux qui sont passés sur tous les fronts, c'est à dire les nôtres, ils ont soulevés les mêmes questions que nous avons soulevé auparavant et ont finalement donné des réponses globalement équivalentes.
Maintenant regardons en détail. Prenons par exemple l'éducation. Que retrouvons-nous dans les discours de Monsieur Guardia ? Augmentation des moyens pour les écoles, nous l'avons proposé, gratuité des matériels scolaires, nous l'avons proposé, l'accompagnement et le soutien scolaires gratuits et publics, nous l'avons proposé, augmentation des échanges internationaux, de même, augmenter les logements et bourses étudiantes, pareil. La seule différence perceptible entre le programme éducatif communiste et le programme éducatif socialiste c'est que les socialistes ne veulent pas allonger la durée de l'enseignement et qu'au contraire ils veulent développer l'enseignement professionnel, qui est, personne ne l'ignore, une voie de sous-éducation où l'on offre pas suffisamment de cours théoriques, où on met vite quelque chose entre les mains des élèves pour qu'ils travaillent sans avoir les compétences suffisantes pour aller à l'université plus tard. Ce modèle à double vitesse est une honte, j'ai déjà eu l'occasion de le dénoncer, je vais le faire plus haut et clairement maintenant. Pourquoi voulons-nous augmenter la durée de l'enseignement obligatoire ? Mais parce que, s'il y a octante ans, il suffisait de moins de 10 ans pour avoir suffisamment de connaissances pour suivre de loin ce qui se faisait en sciences, pour comprendre ce qu'était la politique, les droits du travail, le fonctionnement des institutions, du commerce, l'histoire et la géographie globale ; aujourd'hui ça ne suffit plus. Le monde s'est tellement complexifié qu'il faut plus d'années d'études, il faut un bagage éducatif plus grand. C'est la raison pour laquelle, il faut rendre l'éducation obligatoire minimale au moins jusqu'à vingt ans. Et j'ajoute que c'est bien l'éducation obligatoire minimale, car ce ne sera qu'après qu'on pourra suivre une voie technologique, professionnel. Il ne faut plus faire de distinction entre des élèves qui pourront aller jusqu'à l'université et d'autres qui se cantonneront à la menuiserie. Il faut également remplir les programmes et les étaler pour que chaque classe puisse y arriver au bout. Voilà les deux mots d'ordres des communistes : Faire comme si chacun devait aller à la plus haute instruction intellectuelle ! Remettre à l'école, à l'école !
Il n'est plus tolérable de faire des programmes avec des modules ou des notions minimales à apprendre pour que les établissements défavorisés ne s'y tiennent et que les autres puissent faire les modules supplémentaires ou les notions additionnels, il faut un programme unique pour une éducation unique et non un niveau d'instruction fluctuant entre les élèves. Les diplômes sanctionnant chaque niveau d'étude doivent être universels et nationaux.
Je souhaite rajouter que ce socialiste d'un nouveau genre est un social-capitaliste, il n'a plus la volonté de combattre le système capitaliste et de sortir de l'impérialisme, stade suprême du capitalisme, mais seulement le projet flou, d'améliorer à quelques endroits les vices les plus voyants du système. Par exemple prenons la question écologique. Il tombe dans les mêmes travers que l'autre Alvaredo qu'on n'entend plus piailler par ailleurs, ce qui n'est pas pour être déplaisant. Sur les voitures par exemple, ce qui embête Monsieur Guardia, ce n'est pas qu'il y en est, que leur production nécessite des milliers de tonnes d'eau potable, qu'elles consomment une énergie folle, obligent à un entretien régulier et polluant des routes, ou quoi que ce soit d'autres d'importance. Non ce qui l'importe c'est qu'elles consomment du diesel. Ainsi la production de voitures sera augmentée par cet homme pour remplacer tout le parc automobile diesel du pays. Cela représentera un coût environnemental immense, des milliards de tonnes d'eau potable polluée pour la production en chaîne de dizaines de millions de voitures neuves. Ce sera toute la demande automobile qu'aura connu notre pays depuis la création du véhicule individuel en quelques années. Un désastre écologique ! Et pourtant cela est vendu comme une glorieuse avancée pour la verdeur de notre herbe, la bleuissure de nos ciels et la pureté de notre air. De même que "l'écotourisme", une arnaque ! Les touristes ne vont pas venir à la nage ; et rameuter des touristes, c'est nécessairement augmenter les émissions de gaz carbonés pour ne citer qu'eux. Tout cela, c'est de la poudre aux yeux ! La seule politique qui peut se dire écologiste est celle qui a conscience des faits objectifs et se fonde sur la science.
Aucune science n'émane du discours de mes adversaires, ils connaissent l'écologie comme je suis la Reine du Saphyr. De loin, la nuit, sans lunette, avec de l'imagination et de l'éthanol dans le sang. De même ils connaissent pareillement l'économie. Tout ce qu'ils disent, tout ce qu'ils proposent s'inscrit dans un postulat et un cadre de pensée qu'ils s'imposent à eux mêmes pour grillager la réflexion et rendre ce qui en sort "utopique". Mais l'utopie c'est de croire pouvoir gouverner sans avoir connaissance des conséquences de ses actes. Personne n'élira pareil irresponsable.
Tout ce que ces gens proposent s'inscrit dans un paradigme capitaliste, c'est à dire dans un système où le régulateur social fondamental se trouve être le profit. Que signifie que le régulateur fondamental de la société soit le profit ? Cela signifie que toute la société et son système productif n'ont pour seul objectif, seul fil d'acier sur lequel marcher et seul balancier pour les tenir, le profit. Or je vous ai expliqué ce qu'est le profit ! Le profit c'est le fruit superfétatoire d'un travail superflu imposé au travailleur. Sitôt que le profit baisse, la société voit ses capacités réduites. C'est le cas dans les sociétés qui connaissant une baisse de la productivité connaissent une baisse de la croissance. Ce qui n'est pas le cas, par exemple, au Sunyixian ou à Novgrad où la baisse de productivité et donc la baisse tendancielle du taux de profit n'influencent pas la croissance car celle-ci est planifié. Qu'on y perde ou qu'on y gagne, la production doit être faite pour répondre aux besoins de la population, ni plus de production que besoin, ni moins. Le Sunyixian possède un cas très intéressant. Depuis sa création, l'augmentation de son PIB n'a cessé malgré des périodes de perte de productivité ou de taux de profit. Alors que dans tout pays capitaliste sitôt qu'une crise économique se déclare, le PIB flanche et des crises sociales se déclarent, au Sunyixian, quand il y a une "crise économique", soit un décrochage du taux de profit, il ne se déclenche rien ! Parce que le taux de profit n'est plus le régulateur fondamental de la société, parce que l'économie socialiste se fonde sur la planification qui correspond aux besoins réels des populations. L'expression réelle de ces populations ne peut être contracté ou dépassé, il est ce qu'il est. La surproduction et ses crises sont totalement inconnues de ces gens-là, et ils nous servent de modèle. Même si nous aurons bien sûr besoin de poursuivre notre propre route, celle que je vous propose de suivre avec le Front Révolutionnaire.
Abordons le coeur de mon sujet, celui de la gouvernance. J'ai longtemps critiqué les programmes de mes adversaires, ce n'est pas pour autant que je critique mes adversaires et le système de gouvernement de Carlomania m'obligera à m'allier avec de ces adversaires après les élections. Aussi il faudra concéder et parvenir à un consensus. Comme j'ai pu le dire souvent, nous avons été le moteur de la campagne et étant les premiers à sortir un programme, les premiers à réagir sur tout sujet, nous devions influencer la position de nos adversaires qui se sont majoritairement ralliés à nos positions. Même s'il persiste quelques recoins idéologiques qu'il faudra dépoussiérer chez eux. Mais après la campagne, il ne sera pas facile de changer les mentalités surtout des élus, qui sont des gens bornés. Alors il faudra concéder, nous n'avons pas grand chose à concéder puisque beaucoup de gens ont décalqué leur programme sur le nôtre, alors nous n'aurons qu'à les tirer vers la gauche tout en imposant notre hégémonie idéologique au fur et à mesure que le mandat se déroulera. Nous y parviendrons grâce à notre organisation méthodique et aux formations de nos cadres, de nos adhérents et de tout un chacun. Nous mettrons en place une éducation populaire immense qui viendra soutenir l'action du front révolutionnaire qui défend objectivement l'intérêt général. Sitôt qu'on a conscience de cet intérêt général, on ne peut plus changer d'horizon.
Notre hégémonie prendra du temps, nous partons de loin, mais nous y arriverons. Cependant que nos gouvernements devront être exemplaires et chaque fois que nous pourrons nous fédérer pour conquérir des droits, nous le ferons, mais nous refuserons de concéder trop longtemps et jusqu'à des propositions inacceptables. Tout ce qui ira dans notre sens sera accepté même s'il ne va pas assez loin, mais tout ce qui se détourne de notre point de vue sera rejeté. Nous aurons une certaine indulgence avec nos alliés, nous accepterons tous les progressismes infantiles, puériles, immatures qui ne demandent qu'à être élevé, ce que nous ferons. Voilà le gouvernement que nous sommes prêts à concéder car nous sommes un parti qui connaît les enjeux du gouvernement, qui sait qu'on ne peut pas imposer à Carlomania son seul programme. Vous savez que nous savons et vous savez que nous ne vous vendons pas du rêve. Vous savez que ce que j'ai promis est un idéal que le Front Révolutionnaire au pouvoir signifiera qu'on s'y rapprochera mais pas forcément qu'on l'atteindra tant qu'on ne sera pas totalement et pleinement hégémonique.
Vive Carlomania !